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Système de santé


Le système de santé, les ressources disponibles et l’utilisation qu’ils en font influencent nécessairement l’état de santé des hommes.

Ce que vous devez retenir:

• Les hommes consultent moins les professionnels de la santé que les femmes.

• Les hommes apprécient être impliqués dans leur traitement et que les professionnels tiennent compte de leurs expériences propres.

• Il existe un biais lié au genre lorsque les professionnels de la santé traitent les hommes et différents problèmes sont ainsi sous-diagnostiqués chez cette population.

Les hommes consultent beaucoup moins que les femmes les professionnels de la santé. Ils considèrent le système de santé comme le « dernier recours » à utiliser lorsqu’ils ne sont pas capables de régler leurs problèmes seuls. [1] De même, les hommes sont moins nombreux à être suivis par un médecin de famille, mais pas nécessairement par choix. En effet, parmi les gens qui n’ont pas de médecin de famille, les hommes sont particulièrement susceptibles de déclarer sentir le besoin d’être suivis. [2]

Les hommes considèrent qu’ils ne sont pas suffisamment impliqués dans le processus de soins de santé et que leur vécu et leurs expériences ne sont pas pris en compte dans le plan de traitement. Une relation égalitaire entre le patient et le clinicien aurait probablement un effet plus favorable sur leur santé. Puisque l’autonomie est un facteur important pour les hommes de tous âges, ces derniers préfèrent pouvoir prendre des décisions en tenant compte des conseils et recommandations des professionnels de la santé. [1]

Il existerait un biais lié au genre de la part du professionnel de la santé quand ce dernier se trouve devant un homme ou une femme. [3] Dans le cas du dépistage et du diagnostic des troubles de l’image corporelle, les outils diagnostiques ont été créés avec en tête une population majoritairement féminine. Ainsi, les questionnaires et outils développés ciblent particulièrement des sources d’insatisfaction corporelle spécifiques aux femmes et supposent que les hommes et les femmes réagissent de la même façon par rapport à cette insatisfaction. Bref, à cause de ces raisons, les troubles alimentaires sont sous-diagnostiqués chez les hommes. [4]

Dans le même ordre d’idée, parce que les hommes consultent moins les professionnels de la santé, il a longtemps été supposé qu’ils possédaient un meilleur état de santé que les femmes. La réalité est différente. Ce constat s’expliquait plutôt par le plus faible taux de consultation des hommes, pas par une meilleure santé. [3]

Il est donc important pour les professionnels de la santé de tenir compte de la personne qui se trouve devant eux et de ne rien prendre pour acquis simplement parce qu’il s’agit d’un homme.

 

Références

  1. Roy, J., G. Tremblay, and D. Guilmette, Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que leur rapport aux services Méta‐synthèse. 2014, Université Laval: Québec.
  2. Dubé-Linteau, A., et al., Enquête québécoise sur l’expérience de soins 2010-2011. Le médecin de famille et l’endroit habituel de soins : regard sur l’expérience vécue par les Québécois. 2013, Institut de la statistique du Québec: Québec. p. 73.
  3. Courtenay, W.H., Constructions of masculinity and their influence on men’s well-being: a theory of gender and health. Social Science & Medecine, 2000. 50: p. 1385-1401.
  4. Jones, W.R. and J.F. Morgan, Eating disorders in men : a review of the litterature. Journal of Public Mental Health, 2010. 9(2): p. 23-31.

 

Dernière mise à jour : 28 janvier 2016 à 13h14

Type de professionnels :
Infirmières Kinésiologues Médecins Nutritionnistes Psychologues Travailleurs sociaux
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