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Dépression

La solitude au cœur du problème


Bon nombre de recherches ont dénoté un lien clair entre la solitude et les troubles de l’alimentation et des conduites alimentaires (TACA), tels que l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique.

Ce que vous devez retenir:

• La solitude et l’isolement constituent des facteurs de risque pouvant mener à l’adoption de comportements alimentaires troubles, des éléments généralement précurseurs de TACA.

• Les individus souffrant d’un TACA évoquent souvent se sentir isolés, bien qu’ils ne le soient pas physiquement de leur entourage.

• Les femmes semblent rapporter de plus hauts niveaux de solitude que les hommes.

Un facteur de risque des TACA

Selon Wright et coll. [3], il existe une relation entre la solitude et l’adoption de comportements alimentaires troubles (CAT), tels qu’une restriction calorique, la pratique excessive d’une activité physique ou l’adoption de comportements compensatoires inappropriés comme des vomissements. En effet, selon les auteurs, les individus (hommes et femmes) ayant de faibles niveaux d’attachement à des pairs sont plus susceptibles de développer des CAT [3]. Et les individus qui entretiennent des CAT sont plus à risque de développer un TACA.

Solitude : définition

La solitude ne représente pas nécessairement l’isolement social d’un point de vue physique mais résulte plutôt de la perception de l’individu de se sentir socialement isolé. Cet état reflète souvent le désir d’avoir des liens plus étroits avec autrui [1, 2].

 

La solitude chez les patients souffrant d’un TACA

Une conséquence négative majeure d’un TACA consiste en l’isolement et la solitude [2]. En effet, les individus qui souffrent d’un TACA vivent souvent dans le secret et de façon solitaire. Comme ils s’éloignent émotionnellement de leurs amis et de leur famille, leurs obsessions (ou comportements malsains) deviennent souvent leur unique compagnon [1]. Bien qu’ils ne soient pas physiquement séparés de leur entourage, ces individus rapportent souvent se sentir isolés [1]. Les femmes semblent d’ailleurs rapporter de plus hauts niveaux de solitude que les hommes [2].

La dépendance interpersonnelle semble être liée à la solitude et en favoriserait même le développement [1]. Pritchard et coll. [1] a soulevé le lien qui existe entre les personnes souffrant d’un TACA, une dépendance interpersonnelle plus importante et un plus grand sentiment de solitude. Leurs résultats ont montré que cette dépendance affecte significativement le sentiment de solitude chez les hommes et les femmes et qu’elle est aussi significativement liée à l’insatisfaction corporelle chez les deux sexes. En effet, les individus qui sont plus dépendants apparaissent plus insatisfaits de leur apparence corporelle et cette relation serait principalement due à un sentiment de solitude. Ainsi, il semble que la solitude agisse d’intermédiaire entre la dépendance interpersonnelle et l’insatisfaction corporelle chez les hommes et les femmes [1].

Anorexie

L’anorexie conduit à l’isolement social en rendant souvent impossible la participation d’un individu à un événement centré autour d’un repas [2].

Boulimie

Chez les boulimiques, un sentiment de solitude conduit souvent au déclenchement d’une orgie alimentaire [1], et les cycles de comportements inappropriés permettent habituellement à la personne d’étouffer ses états émotionnels négatifs tels que la colère, la frustration, l’ennui et la solitude [2].

Hyperphagie boulimique

Des émotions telles qu’un état dépressif, l’ennui ou la solitude agissent souvent comme des déclencheurs importants motivant une orgie alimentaire chez un patient souffrant d’hyperphagie boulimique [2]. Levine [2] souligne toutefois que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de connaître de tels événements en réponse à un sentiment de solitude.

La solitude peut aussi être un facteur contribuant à une rechute chez des patients en processus de rétablissement pour l’anorexie et la boulimie [1].

 

Références

  1. Pritchard, M.E. and K.L. Yalch, Relationships among loneliness, interpersonal dependency, and disordered eating in young adults. Personality and Individual Differences, 2009. 46(3): p. 341-346.
  2. Levine, M.P., Loneliness and Eating Disorders. The Journal of Psychology, 2011. 146(1-2): p. 243-257.
  3. Wright, A. and M.E. Pritchard, An examination of the relation of gender, mass media influence, and loneliness to disordered eating among college students. Eat Weight Disord, 2009. 14(2-3): p. e144-7.

 

Dernière mise à jour : 25 janvier 2016 à 15h51

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