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Image corporelle

La pression de performance reliée au sport


L’insatisfaction corporelle et les TACA seraient fréquents chez les athlètes, particulièrement les athlètes de sports d’esthétisme (comme les gymnastes, les danseurs (ballet) et les patineurs artistiques) [1-4]. Selon certains auteurs, les athlètes semblent plus à risque de développer des TACA puisqu’ils présentent davantage de symptômes reliés à des comportements alimentaires troubles (CAT) et développent plus de préoccupations par rapport à leur poids et leur image corporelle (des préoccupations similaires à celles des patients atteints de TACA) [3].

Ce que vous devez retenir:

• L’insatisfaction corporelle est un facteur de risque du développement de TACA.

• Les TACA semblent davantage présents chez les athlètes pratiquant un sport d’esthétisme où le poids et la minceur jouent un rôle important au niveau de la performance.

Le poids de la performance

Ravaldi et coll. [3] relatent une prévalence plus grande de TACA chez les athlètes lorsque comparés à la population générale et une proportion plus importante chez les athlètes féminins que les athlètes masculins. Les athlètes d’élite tendent à sous-estimer davantage leurs CAT lorsque comparés aux non-athlètes. Le nombre de diagnostics de TACA semble plus élevé lorsque les sujets sont évalués en entrevue clinique plutôt que par un questionnaire [5].

Les TACA semblent davantage présents chez les athlètes d’esthétisme où le poids et la minceur jouent un rôle important au niveau de la performance [1, 3, 4]. Notons que la pression d’avoir un corps mince provient aussi d’une influence sociétale [2]. L’étude de Krentz et coll. [2] souligne que les athlètes sont plus à risque de développer un TACA lorsqu’ils croient que le contrôle de leur poids corporel peut améliorer leur performance sportive. Certains types d’athlètes (surtout les athlètes d’esthétisme) croient que minceur est synonyme de victoire (« thin is going to win »). En d’autres mots, ils croient que leur performance sportive sera améliorée par une perte de poids [1, 2, 4]. Malheureusement, cette volonté de contrôler son poids pour améliorer sa performance sportive est associée à des CAT [1, 2, 4]. Les résultats de Krentz et coll. [2] montrent que l’augmentation du désir d’être mince pour améliorer la performance physique est reliée à un taux plus élevé de TACA. Martinsen et coll. [1] soulignent aussi que les adolescents pratiquant un sport d’élite où la minceur est privilégiée ont deux fois plus de risques de souffrir de TACA que les adolescents pratiquant tout autre sport. Les études qui incluent des athlètes masculins montrent un risque accru de TACA chez les hommes où la compétition exige une classification du poids (telle que la lutte ou l’aviron) [1, 4].

 

Performer, mais à quel prix?

Insatisfaits de leur apparence corporelle, certains athlètes s’imposent des diètes sévères pour perdre du poids. La prévalence de l’usage de ces diètes chez les athlètes adolescents serait de 15% chez les garçons et 33% chez les filles. D’autres méthodes extrêmes pour perdre du poids peuvent aussi être adoptées telles que des vomissements ou encore l’abus de substances comme des diurétiques ou des laxatifs. Ces comportements ne sont pas sans conséquences sur la santé de l’athlète, puisqu’ils peuvent nuire à la performance sportive et dans certains cas, influencer un résultat positif à un test de dopage [1].

Parmi les facteurs de risque du développement d’un TACA chez les athlètes notons entre autres la pression imposée par les entraîneurs pour perdre du poids, les pertes et reprises fréquentes de poids (aussi connues comme l’effet « yoyo »), le début hâtif de l’entraînement pour un sport spécifique, un surentraînement, une blessure ainsi que des comportements irresponsables de l’entraîneur [1, 4].

 

Des athlètes bien dans leurs corps

Contrairement aux autres études, les résultats de Martinsen et coll. [1] montrent une fréquence plus faible de TACA chez des athlètes d’élite adolescents lorsque comparés à leurs comparses d’école. Les attitudes positives de ces athlètes de très haut niveau et leur grande compétence seraient des facteurs de protection contre les TACA. De façon générale, ces sportifs présenteraient une plus grande estime de soi que les non-athlètes [1, 4].

 

Références

  1. Martinsen, M., et al., Dieting to win or to be thin? A study of dieting and disordered eating among adolescent elite athletes and non-athlete controls. British Journal of Sports Medicine, 2010. 44(1): p. 70-76.
  2. Krentz, E.M. and P. Warschburger, A longitudinal investigation of sports-related risk factors for disordered eating in aesthetic sports. Scand J Med Sci Sports, 2013. 23(3): p. 303-10.
  3. Ravaldi, C., et al., Gender role, eating disorder symptoms, and body image concern in ballet dancers. J Psychosom Res, 2006. 61(4): p. 529-35.
  4. Ricciardelli, L.A. and M.P. McCabe, A biopsychosocial model of disordered eating and the pursuit of muscularity in adolescent boys. Psychol Bull, 2004. 130(2): p. 179-205.
  5. Martinsen, M. and J. Sundgot-Borgen, Higher prevalence of eating disorders among adolescent elite athletes than controls. Med Sci Sports Exerc, 2013. 45(6): p. 1188-1197.
  6. Rosendahl, J., et al., Dieting and disordered eating in German high school athletes and non-athletes. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 2009. 19(5): p. 731-739.

 

Dernière mise à jour : 2 mars 2016 à 10h16

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