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Hyperphagie - Boulimie

Mieux comprendre la boulimie


La boulimie constitue un trouble de l’alimentation et des conduites alimentaires (TACA) où la personne vit des préoccupations pathologiques en lien avec son image corporelle et son poids. La maladie se caractérise par une faible estime de soi, des orgies alimentaires et l’adoption de comportements compensatoires inappropriés (CCI) dans le but de contrôler le poids [2]. Pour qu’un diagnostic soit posé, les crises de boulimie et le recours à des CCI doivent survenir en moyenne au moins une fois par semaine pendant une période de 3 mois [2]. Alors que les femmes boulimiques cherchent à perdre du poids et à être minces, les hommes boulimiques misent davantage à définir leur masse musculaire (ou « muscularity » de l’anglais) [7].

Ce que vous devez retenir:

• La boulimie se caractérise par des orgies alimentaires suivies de méthodes compensatoires inappropriées (tels des vomissements ou l’abus de certaines substances comme des laxatifs) pour contrôler le poids. Comparativement aux femmes, les hommes semblent avoir recours à des méthodes compensatoires plus extrêmes (comme l’utilisation de stéroïdes anabolisants) pour parvenir à leur idéal corporel.

• Les personnes boulimiques présentent habituellement une faible estime de soi.

• Le ratio hommes-femmes boulimiques serait de 1:10, mais certains auteurs affirment que ce nombre pourrait être encore plus élevé pour les hommes.

Critères diagnostiques

Les critères diagnostiques de la boulimie selon le DSM-5 [2] regroupent les points suivants :

Critère A – Des épisodes récurrents d’orgies alimentaires caractérisés par :

1. La prise alimentaire, en une période de temps limitée (ex : à l’intérieur de 2 heures), d’une quantité d’aliments nettement plus grande que ce que la plupart des gens mangeraient dans un laps de temps similaire et dans des circonstances semblables.

2.Un sentiment de perte de contrôle sur les aliments consommés pendant la crise (ex : le sentiment que l’on ne peut pas s’arrêter de manger ni contrôler le type ou la quantité des aliments consommés).

Critère B – Des CCI sont utilisés de façon récurrente pour prévenir une prise de poids (tels que des vomissements provoqués, l’abus de laxatifs, de diurétiques et/ou d’autres médications, le jeûne ou encore la pratique excessive d’activités physiques).

Critère C – Les orgies alimentaires et les CCI surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant 3 mois.

Critère D – La perception que la personne a d’elle-même est grandement influencée par la forme de son corps et par son poids corporel.

Critère E – La perturbation ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d’anorexie.

Le poids des boulimiques

Les personnes souffrant de boulimie ont habituellement un poids dans les limites normales ou supérieures de l’indice de masse corporelle (IMC), variant de 18,5 à 30 chez les adultes. Cependant, plusieurs individus souhaitent atteindre un poids largement plus bas que les recommandations pour leur groupe d’âge et leur taille [2-4].

Le degré de sévérité de la maladie est principalement basé sur la fréquence de répétition des CCI (il peut être ajusté au besoin pour refléter d’autres symptômes ou le degré d’incapacité fonctionnelle de la personne) [2]:

–      Faible : le recours à une moyenne de 1 à 3 CCI par semaine.

–      Modérée : le recours à une moyenne de 4 à 7 CCI par semaine.

–      Sévère : le recours à une moyenne de 8 à 13 CCI par semaine.

–      Extrême : le recours à une moyenne de 14 ou plus CCI par semaine.

La durée moyenne de la maladie s’étend habituellement sur une période de 5 ans, mais elle peut se prolonger jusqu’à 10 ans chez certains patients [6].On parle de rémission partielle ou complète lorsque tous les critères diagnostiques de la boulimie ont été rencontrés et que [2]:

-Rémission partielle : certains mais pas tous les critères demeurent remplis pendant une période de temps importante (la période de temps n’est pas précisée dans le DSM-5, elle dépend du jugement clinique).

-Rémission complète : aucun des critères sont rencontrés pendant une période de temps importante (la période de temps n’est pas précisée dans le DSM-5, elle dépend du jugement clinique).

Le traitement qui semble le plus efficace pour traiter la boulimie est la thérapie cognitivo-comportementale, qui mise principalement sur le changement des comportements et des pensées problématiques. Certains professionnels de la santé choisissent aussi d’offrir une médication antidépressive en combinaison à cette thérapie. Les antidépresseurs ont un effet antiboulimique (permettant de réduire la fréquence des crises et des CCI chez le patient) et aurait aussi une influence positive sur l’humeur [4, 6].

 

Comment reconnaître la boulimie

Les personnes atteintes de boulimie, les hommes autant que les femmes, mettent beaucoup d’emphase sur leur apparence corporelle et leur poids et rejoignent à ce niveau les personnes atteintes d’anorexie [1, 2, 6]. On estime d’ailleurs que 25% à 30% des patients boulimiques ont déjà souffert d’anorexie [4]. Comme la majorité des études concernant les TACA regroupent des sujets féminins, il existe peu d’informations concernant les hommes souffrant de ces troubles [7]. Selon Rikani et coll. [1], de 5% à 15% des cas d’anorexie et de boulimie seraient des hommes, mais il se pourrait que ce taux ne représente pas tout à fait la réalité, puisque les hommes montrent davantage de réticence à rencontrer les professionnels de la santé.

La boulimie se reconnaît par trois caractéristiques essentielles [2]:

  • la récurrence des orgies alimentaires;
  • l’utilisation de CCI pour prévenir un gain de poids;
  • une perception de soi grandement influencée par la forme de son propre corps et par le poids corporel.

Crise de boulimie : définition

Une crise de boulimie se définit comme étant l’acte de manger, dans une période de temps limité (habituellement 2 heures), une quantité d’aliments largement plus grande que ce que la plupart des gens mangerait dans un même laps de temps et dans des circonstances similaires. Pendant cette période, il peut se produire plusieurs crises. Par exemple, l’orgie peut débuter lors d’un repas au restaurant et se poursuivre par la suite à la maison. Ces épisodes peuvent se prolonger jusqu’à ce que l’individu soit trop plein ou qu’il se sente physiquement inconfortable (avec des douleurs). L’apport calorique moyen consommé lors de ces crises peut grandement varier, allant de 1000 à 2000 calories [2, 6]

Pour être considérée comme une orgie alimentaire, la consommation excessive d’aliments doit être accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle, caractérisée par l’incapacité de s’abstenir ou d’arrêter de manger une fois la prise alimentaire débutée [2, 6]. Le type d’aliments consommés pendant ces crises varie grandement entre les individus ainsi que chez un même individu. Lors d’une crise, on dénote davantage une anormalité dans la quantité d’aliments ingérés plutôt que des envies spécifiques pour un nutriment précis. Il semblerait tout de même que les boulimiques choisissent plus souvent des aliments  qu’ils ont l’habitude d’éviter [2]. Les orgies se produisent habituellement en retrait des autres, puisque les boulimiques ressentent souvent un sentiment de honte face à leurs comportements et tentent de cacher leurs symptômes [2, 6]. Bien que plusieurs éléments semblent avoir un lien avec le déclenchement des crises de boulimie (par exemple une restriction alimentaire, l’ennui, des perceptions négatives reliées au poids, à l’image corporelle ou aux aliments), le principal précurseur demeure un affect négatif [2].

Après la crise, la personne a recours à des CCI pour prévenir un gain de poids. Les CCI sont nombreux, mais les vomissements provoqués représentent la méthode la plus souvent choisie par les boulimiques pour contrôler leur poids. Le vomissement peut être induit par les doigts ou des instruments insérés dans la bouche pour stimuler le réflexe pharyngé (ou « gag reflex » en anglais). Après s’être fait vomir, la personne ressent aussitôt un soulagement physique (dus aux inconforts gastriques) et un apaisement de sa peur de prendre du poids. [2, 6]

Parmi les autres CCI, on retrouve l’utilisation abusive de laxatifs et/ou de diurétiques, et dans de plus rares cas l’utilisation abusive de lavements (mais ce CCI constitue rarement la seule méthode employée). Certains individus choisissent de prendre des hormones thyroïdiennes pour accélérer leur métabolisme basal (et ainsi éviter un gain de poids). Les boulimiques diabétiques peuvent réduire ou omettre leurs doses d’insuline afin de diminuer l’absorption des aliments ingérés pendant la crise de boulimie. Le jeûne et la pratique excessive d’activités physiques constituent d’autres CCI souvent employés par les boulimiques. Selon Raisanen et coll. [9], les hommes sont davantage susceptibles d’adopter des pratiques excessives d’exercice physique. On considère tous exercices comme excessifs lorsque ceux-ci interfèrent avec la tenue d’autres activités importantes, lorsqu’ils surviennent à des moments ou dans des lieux inappropriés, ou lorsque la personne poursuit son entrainement malgré une blessure ou des complications médicales [2, 6]. Selon Field et coll. [7], comparativement aux femmes, les hommes atteints de boulimie semblent davantage utiliser des CCI extrêmes pour parvenir à leur idéal corporel. Plutôt que de se faire vomir ou d’utiliser des laxatifs, ils ont recours à des suppléments de créatine, des dérivés d’hormone de croissance ou encore des stéroïdes anabolisants [7]. La fréquence d’utilisation de produits (tels des stéroïdes anabolisants) pour augmenter la masse musculaire et améliorer l’apparence du corps est aussi commune chez les hommes boulimiques que les vomissements pour les femmes boulimiques. Ceci suggère que les hommes adoptent aussi des mesures extrêmes pour atteindre leur idéal corporel [7].

Une étude canadienne rapporte que 4% des garçons canadiens (de secondaire 3 et 4) ont déjà eu recours à des stéroïdes anabolisants, un indicateur potentiel d’une préoccupation de l’image corporelle [1].

Entre deux crises de boulimie, les boulimiques ont tendance à restreindre leurs apports caloriques et choisissent plus souvent des aliments hypocaloriques (ou « légers ») et évitent tout aliment perçu comme étant engraissant ou susceptible de déclencher une orgie alimentaire [2].

 

Des conséquences physiques importantes

La boulimie peut provoquer plusieurs conséquences physiques importantes au niveau de la santé de l’individu. D’abord, les comportements purgatifs répétés peuvent provoquer une perturbation au niveau des fluides et des électrolytes, qui peut parfois être suffisamment sévère pour engendrer des problèmes de santé sérieux. Parmi ces perturbations, on compte une hypokaliémie, une hypochlorémie, une hyponatrémie, une alcalose métabolique (c’est-à-dire un taux de bicarbonate sérique élevé dû à la perte d’acide gastrique lors de vomissements) ou encore une acidose métabolique (due à des épisodes fréquents de diarrhée ou une déshydratation suite à l’utilisation abusive de laxatifs et/ou de diurétiques) [1, 2, 6]. Des complications œsophagiennes telles une œsophagite, des reflux gastro-œsophagiens ou des saignements surviennent aussi fréquemment chez ces patients [10]. Bien que plus rares, d’autres complications peuvent survenir et être potentiellement fatales, telles une déchirure œsophagienne (syndrome de Boerhaave), une rupture gastrique ou des arythmies cardiaques. Les boulimiques ayant recours à l’utilisation répétée de sirop d’ipéca pour induire leurs vomissements ont davantage de risque de souffrir de myopathies cardiaques et squelettiques sévères. Les personnes qui abusent de laxatifs peuvent éventuellement devenir dépendantes de leur utilisation pour stimuler le péristaltisme intestinal. On associe souvent à la boulimie des symptômes gastro-intestinaux de même que le prolapsus rectal (la distension du rectum induisant une difficulté à contrôler les défécations) [1, 2]. Chez le dentiste, l’examen de la bouche permet habituellement de constater une perte significative et permanente de l’émail dentaire (due à des épisodes répétés de vomissements) et une augmentation du nombre de caries [1, 6, 11-16]. Chez certains individus, les glandes salivaires (particulièrement les glandes parotides) enflent considérablement [1, 12, 14, 16-18]. Les personnes se faisant vomir à l’aide de leurs doigts présentent souvent des callosités ou des cicatrices sur le dos de la main (appelées « signes de Russell ») dues aux frottements répétés des dents sur la main, des indices révélateurs de la présence de boulimie [1, 2, 12, 17-20].

 

Prévalence

La boulimie se développe davantage à l’adolescence ou chez les jeunes adultes et plus particulièrement chez les femmes, avec un taux variant autour de 1% à 1,5%. Chez les hommes, la prévalence de la boulimie est moins connue, mais elle se situerait autour de 0,1% à 0,5% [1, 21].On estime que le ratio hommes-femmes boulimiques serait 1:10, mais certains auteurs affirment que le nombre d’hommes atteints de TACA est possiblement sous-évalué [7, 9]. Raevuori et coll. [20] rapportent plutôt des ratios variant de 1:3 à 1:18 selon les données d’études épidémiologiques [1, 2, 5, 6, 9, 21].

Suicide

Le risque de suicide est élevé chez les personnes atteintes de boulimie. L’évaluation globale du patient doit inclure la détermination de ses idées et de ses comportements suicidaires ainsi que d'autres facteurs de risque, tels que ses antécédents de tentatives de suicide. On estime que 25% à 35% des patients souffrant de boulimie ont des antécédents d’au moins une tentative de suicide [1, 2, 5].

 

Étiologie

Chez les patients atteints de boulimie, on remarque souvent une faible estime de soi importante. D’autres facteurs de risque peuvent aussi influencer l’apparition de la boulimie, tels des abus sexuels pendant l’enfance (cependant, ce lien demeure encore mitigé), l’obésité familiale (pendant l’enfance du patient et chez ses parents) ainsi que l’alcoolisme chez les parents. Certains de ces facteurs de risque pousseraient l’individu à prendre davantage conscience de son image corporelle l’incitant ainsi à entreprendre un régime alimentaire (qui précipiterait dans certains cas l’apparition de la maladie). Une prédisposition génétique serait aussi une cause de l’étiologie des TACA. Raisanen et coll. [9] mentionnent que les hommes homosexuels sont plus à risque de TACA. Des perturbations dans la transmission de la sérotonine pourraient aussi être indirectement impliquées dans le développement des TACA due à l’implication de cette hormone au niveau de la régulation de l’humeur (un dysfonctionnement de la sérotonine pourrait donc moduler des réactions anxieuses, par exemple) [1, 4, 6, 9, 22, 23].

 

Comorbidités

Les comorbidités sont fréquentes chez les patients atteints de boulimie, avec une majorité d’individus comptant au moins un autre trouble de santé mentale ou même plusieurs comorbidités. On dénote une fréquence élevée du nombre de patients boulimiques présentant des symptômes d’ordre dépressif (ex : une faible estime de soi), de la bipolarité et des troubles dépressifs [1, 5, 6]. Chez plusieurs individus, la perturbation de l’humeur survient en même temps ou après le développement du TACA et les patients attribuent souvent leurs changements d’humeur à la boulimie. Les symptômes associés à l’anxiété (ex : peur des événements sociaux) et les troubles anxieux semblent également plus fréquents chez les boulimiques. Ces comorbidités disparaissent souvent lors d’un traitement efficace de la boulimie. Un pourcentage important de patients boulimiques présente aussi des traits de personnalité particuliers répondant à au moins un critère pour les troubles de la personnalité, le plus fréquemment le trouble de personnalité limite. La prévalence de troubles de la personnalité chez les personnes souffrant de TACA varie grandement selon les études (allant de 21% à 90%) [24]. À ce jour, il est encore difficile de déterminer si ces comorbidités sont une conséquence de la boulimie ou une cause pathologique potentielle du TACA [1, 2, 4, 6, 24]. La prévalence de l’abus de substances, particulièrement l’abus d’alcool et de stimulants (choisis pour contrôler l’appétit et le poids), est augmentée chez ces individus, représentant au moins 30% des boulimiques [1, 2, 5, 6].

 

Références

  1. Rikani, A.A., et al., A critique of the literature on etiology of eating disorders. Ann Neurosci, 2013. 20(4): p. 157-161.
  2. American Psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorder (DSM-5). Fifth ed, ed. A.p. publisher. 2013: Washington DC.
  3. Morgan, J.F., The Invisible Man: A Self-help Guide for Men with Eating Disorders, Compulsive Exercice and Bigorexia. 2008, New York: Routledge.
  4. Kaye, W.H., et al., Anorexia and Bulimia Nervosa. Annual Review of Medicine, 2000. 51(1): p. 299-313.
  5. Qian, J., et al., Prevalence of eating disorders in the general population: a systematic review. Shanghai Arch Psychiatry, 2013. 25(4): p. 212-23.
  6. Fairburn, C.G. and P.J. Harrison, Eating disorders. Lancet, 2003. 361(9355): p. 407-16.
  7. Field, A.E., et al., Prospective associations of concerns about physique and the development of obesity, binge drinking, and drug use among adolescent boys and young adult men. JAMA Pediatr, 2014. 168(1): p. 34-9.
  8. Stanford, S.C. and R. Lemberg, A clinical comparison of men and women on the eating disorder inventory-3 (EDI-3) and the eating disorder assessment for men (EDAM). Eat Disord, 2012. 20(5): p. 379-94.
  9. Raisanen, U. and K. Hunt, The role of gendered constructions of eating disorders in delayed help-seeking in men: a qualitative interview study. BMJ Open, 2014. 4(4): p. e004342.
  10. Mehler, P.S., Medical complications of bulimia nervosa and their treatments. International Journal of Eating Disorders, 2011. 44(2): p. 95-104.
  11. Uhlen, M.-M., et al., Self-induced vomiting and dental erosion – a clinical study. BMC Oral Health, 2014. 14(1): p. 92.
  12. Kavitha, P.R., P. Vivek, and A.M. Hegde, Eating disorders and their implications on oral health–role of dentists. J Clin Pediatr Dent, 2011. 36(2): p. 155-60.
  13. Little, J.W., Eating disorders: Dental implications. Oral Surgery, Oral Medicine, Oral Pathology, Oral Radiology, and Endodontology, 2002. 93(2): p. 138-143.
  14. Lifante-Oliva, C., et al., Study of oral changes in patients with eating disorders. Int J Dent Hyg, 2008. 6(2): p. 119-22.
  15. Johansson, A.K., et al., Eating disorders and oral health: a matched case-control study. Eur J Oral Sci, 2012. 120(1): p. 61-8.
  16. Frydrych, A.M., G.R. Davies, and B.M. McDermott, Eating disorders and oral health: a review of the literature. Aust Dent J, 2005. 50(1): p. 6-15; quiz 56.
  17. Strumia, R., Dermatologic Signs in Patients with Eating Disorders. Am J Clin Dermatol, 2005. 6(3): p. 165-173.
  18. Strumia, R., Eating disorders and the skin. Clin Dermatol, 2013. 31(1): p. 80-5.
  19. Gupta, M.A., A.K. Gupta, and H.F. Haberman, Dermatologic Signs in Anorexia Nervosa and Bulimia Nervosa. Arch Dermatol, 1987. 123: p. 1386-1390.
  20. Glorio, R., et al., Prevalence of cutaneous manifestation in 200 patients with eating disorders. International Journal of Dermatology, 2000. 39: p. 348-353.
  21. Raevuori, A., A. Keski-Rahkonen, and H.W. Hoek, A review of eating disorders in males. Current Opinion in Psychiatry, 2014. 27(6): p. 426-430 10.1097/YCO.0000000000000113.
  22. Fairburn, C.G., et al., Risk factors for bulimia nervosa: A community-based case-control study. Archives of General Psychiatry, 1997. 54(6): p. 509-517.
  23. Strother, E., et al., Eating disorders in men: underdiagnosed, undertreated, and misunderstood. Eat Disord, 2012. 20(5): p. 346-55.
  24. Reas, D.L., et al., Eating disorders in a large clinical sample of men and women with personality disorders. Int J Eat Disord, 2013. 46(8): p. 801-9.

Dernière mise à jour : 24 mars 2016 à 11h02

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