------------------------ Article ------------------------

Autres troubles

Les troubles non spécifiés de l’alimentation et des conduites alimentaires


La catégorie « Unspecified Feeding or Eating Disorder » a fait son apparition dans le DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). Les troubles non spécifiés de l’alimentation et des conduites alimentaires (TNSACA) s’appliquent à des patients présentant des symptômes caractéristiques des troubles de l’alimentation et des conduites alimentaires (TACA) causant une détresse clinique significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants, mais dont les critères nécessaires pour établir un diagnostic de TACA ne sont pas rencontrés [1].

Ce que vous devez retenir:

• Regroupant les symptômes caractéristiques des TACA, les TNSACA causent chez le patient une détresse clinique significative et/ou une altération du fonctionnement social ou professionnel, sans rencontrer les critères diagnostiques d’un TACA.

• Les personnes avec un TNSACA vivent une préoccupation quant à leur image corporelle et leur poids. Elles s’imposent habituellement des restrictions alimentaires et/ou pratiquent un sport de façon excessive dans le but de perdre du poids. Cependant, ces personnes ne présentent pas de poids sous la normale et n’ont pas connu de perte de poids significative malgré les mesures entreprises.

Diagnostic de TNSACA : quand et pourquoi?

Les TNSACA seront utilisés lors de situations où le clinicien choisit de ne pas spécifier la raison pour laquelle les critères ne sont pas rencontrés pour un TACA spécifique. Ceci inclut entre autres des situations où le professionnel de la santé n’a pas suffisamment d’informations pour faire un diagnostic plus précis, par exemple dans la salle d’urgence [1].

Les critères diagnostiques maintenant plus spécifiques pour la catégorie des autres troubles spécifiés de l’alimentation et des conduites alimentaires (ATSACA) dans le DSM-5 font en sorte que certains individus, ne répondant pas à ces critères précis, sont laissés pour compte. Ainsi, les personnes présentant une forte préoccupation par rapport à leur image corporelle et leur poids, qui se livrent à des épisodes de jeûnes et d’entrainements intenses sans connaitre d’épisodes boulimiques (orgies alimentaires suivis de vomissements provoqués) et qui ne présentent pas un poids sous la normale ou n’ont pas connu de perte de poids significative suite à l’entreprise de ces mesures feront partie de la catégorie des TNSACA [2].

Les enfants et adolescents se fient davantage sur le jeûne et la pratique excessive d’exercices comme comportements compensatoires que les adultes.
À ce propos, l’exercice est la méthode la plus fréquemment utilisée pour perdre du poids chez les moins de 18 ans. Vingt-trois pourcents (23%) des garçons de 13 ans s’entrainent dans le but de perdre du poids et 15% d’entre eux s’imposent en plus une restriction alimentaire pendant 3 mois [2].

Prévalence

Certains suggèrent qu’environ 16% des personnes présentant un TACA font partie de la catégorie des TNSACA [2].

Les TNSACA ont fait leur apparition dans la 5e édition du DSM. Compte tenu de leur récente arrivée dans la section des TACA, peu d’études se sont concentrés sur cette catégorie à ce jour. De plus amples recherches sont nécessaires pour identifier les personnes visées par ce groupe.

 

Références 

  1. American Psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorder (DSM-5). Fifth ed, ed. A.p. publisher. 2013: Washington DC.
  2. Wade, T.D. and A. O’Shea, DSM-5 unspecified feeding and eating disorders in adolescents: What do they look like and are they clinically significant? Int J Eat Disord, 2014.

Dernière mise à jour : 3 février 2016 à 11h44

Type de professionnels :
Infirmières Kinésiologues Médecins Nutritionnistes Psychologues Travailleurs sociaux
Laisser un commentaire