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Les comportements de santé


Ce que vous devez retenir:

• Comparativement aux femmes, les hommes prennent moins leur santé en main et adoptent davantage de comportements qui sont délétères.

• Les hommes sont peu enclins à parler de leurs problèmes de santé à leur entourage ou aux professionnels de la santé.

• Les professionnels de la santé ont avantage à miser sur les comportements salutogènes des hommes (les aspects positifs et les forces de la masculinité) pour traiter les troubles de l’alimentation et des conduites alimentaires (TACA).

Comparativement aux femmes, les hommes entretiennent moins d’habitudes de vie qui sont promotrices de santé [1]. Par exemple, ces derniers mangent plus de viande, boivent plus de boissons gazeuses et consomment plus de gras et de sel que les femmes [2]. Ils sont également plus à risque de souffrir d’embonpoint ou d’obésité [3].

De même, les hommes adoptent plus fréquemment des comportements qui nuisent à leur santé [4]. Par exemple, ils sont plus nombreux à fumer et à consommer des boissons alcoolisées et des drogues que les femmes [2, 5, 6]. Ils sont plus à risque de conduire sous l’influence de l’alcool, de pratiquer des sports dangereux et ont plus de partenaires sexuels que les femmes [1].

Les hommes ont un réseau social moins développé et sont moins enclins à demander de l’aide lorsqu’ils vivent des problématiques [4]. Même s’ils voulaient se confier, plusieurs hommes ne pourraient le faire. En effet, deux fois plus d’hommes que de femmes disent n’avoir aucun confident intime [7]. Alors que les femmes sont plus nombreuses à déclarer avoir des idées suicidaires, le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les hommes, notamment parce qu’ils utilisent plus souvent des moyens létaux lorsqu’ils tentent de se suicider, mais aussi parce qu’ils cachent leurs intentions à leur entourage [7].

Quand ils ont des problèmes, les hommes préfèrent ignorer ou nier le problème ou tentent de les régler eux-mêmes et utilisent des stratégies qui peuvent avoir des impacts délétères sur leur santé [8]. Par exemple, les hommes sont plus à risque, en réponse au stress, à augmenter leur consommation de drogue ou d’alcool [1].

Finalement, les hommes utilisent deux fois moins que les femmes les services de santé et les services sociaux. Bien qu’ils soient réticents à demander de l’aide à leurs proches, ils iraient consulter des services professionnels seulement lorsque le problème est grave ou lorsque les membres de l’entourage ou lui-même n’ont pas été en mesure de le régler d’abord [9].

Malgré tout, un paradoxe émerge de ces comportements dits « masculins » : alors que ceux-ci peuvent directement affecter un état de vulnérabilité, ils peuvent également pousser un homme à entreprendre un processus de guérison d’un trouble de la santé [10].

Misons sur les comportements masculins positifs axés vers la santé

Étant donné que, de façon générale, les hommes semblent être moins enclins à adopter de saines habitudes de vie [1], les professionnels de la santé ont tendance à se concentrer sur leur manque de compliance et sur le traitement de leur multiples comorbidités.

Or, afin de guider les hommes vers le changement de leurs habitudes de vie, les professionnels de la santé ont avantage à miser sur les comportements salutogènes, c’est-à-dire les comportements masculins positifs qui sont déjà axés vers la santé [11].

Ainsi, les aspects positifs et les forces de la masculinité devraient être mis de l’avant par les professionnels de la santé afin de traiter les personnes souffrant de TACA et de favoriser la santé globale des hommes [10].

Références

  1. Courtenay, W.H., Key Determinants of the Health and the Well-Being of Men and Boys. International Journal of Men’s Health, 2003. 2(1): p. 1-27.
  2. Institut national de santé publique du Québec, La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. 2009.
  3. Lamontagne, P. and D. Hamel, Poids corporel de la population adulte québécoise : mise à jour 2005. 2008, Institut national de santé publique du Québec,: Québec.
  4. Courtenay, W.H., Endangering health: a social constructionist examination of men’s health beliefs and behaviors. Psychology of Men & Masculinity, 2000. 1: p. 4-15.
  5. Statistiques Canada, Enquête de surveillance de l’usage du tabac au Canada (ESUTC). 2012.
  6. Roy, J., G. Tremblay, and D. Guilmette, Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que leur rapport aux services Méta‐synthèse. 2014, Université Laval: Québec.
  7. Tremblay, G. and A. Careau, Les services aux hommes sur le territoire du CSSS de la Vieille‐Capitale : Perception des intervenants et des hommes. 2014, Masculinités et Société: Québec. p. 54 pages.
  8. Courtenay, W.H., Constructions of masculinity and their influence on men’s well-being: a theory of gender and health. Social Science & Medecine, 2000. 50: p. 1385-1401.
  9. Dulac, G., Inventaire des ressources et services disponibles en matière de prévention et d’aide aux hommes, ed. É.d.s.s. Centre d’études appliquées sur la famille. 2004, Montréal: Université McGill.
  10. Sierra Hernandez, C.A., et al., Understanding help-seeking among depressed men. Psychology of Men & Masculinity, 2014. 15(3): p. 346-354.
  11. MacDonald, J., L’insatisfaction corporelle chez les hommes et les déterminants sociaux de la santé: vers une perspective salutogène. 2015, Présentation PowerPoint.

Dernière mise à jour : 28 janvier 2016 à 13h24

Type de professionnels :
Infirmières Kinésiologues Médecins Nutritionnistes Psychologues Travailleurs sociaux
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