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Autres troubles

Le travail interdisciplinaire


Le travail interdisciplinaire est considéré comme étant la norme de soins pour traiter les patients atteints d’un trouble de l’alimentation et des conduites alimentaires (TACA) [2, 3].

Ce que vous devez retenir:

• Le travail interdisciplinaire dans le traitement des troubles de l’alimentation a pour but de rétablir la condition globale (physique et psychologique) du patient.

• Le médecin évalue la santé physique du patient et s’assure de la continuité des soins.

• Le nutritionniste est impliqué dans l’évaluation de l’alimentation et l’élaboration du plan alimentaire du patient.

• Le psychologue s’assure du suivi psychologique.

Agir et traiter en équipe

L’approche interdisciplinaire dans le traitement des TACA inclut différents professionnels de la santé tels qu’un médecin, un nutritionniste et un psychologue (ou autre professionnel en santé mentale), qui ont tous comme objectif d’accompagner et d’aider le patient à rétablir sa condition globale (physique et psychologique) [1, 2, 4]. La communication entre chacun des membres est cruciale pour assurer le bon fonctionnement de l’équipe [1, 5].

Le traitement interdisciplinaire consiste à la fois d’évaluer la condition du patient afin de l’aider à retrouver et maintenir un poids sain et une santé physique, de résoudre ses problèmes émotionnels et psychologiques liés au TACA, de réduire ou éliminer les comportements et/ou les pensées qui conduisent à une alimentation trouble ainsi que de prévenir les rechutes [2, 5, 6]. Les résultats de Mitchell et coll. [2] suggèrent que ce type d’intervention a une plus grande efficacité thérapeutique chez les patients atteints de TACA que le counseling seul et permettrait la poursuite du traitement global sur une plus longue période.

 

Le rôle du médecin

Les médecins (et les pédiatres) sont souvent les premiers à détecter l’apparition d’un TACA chez un patient. La mise en place d’interventions thérapeutiques est essentielle afin de freiner la progression de la maladie, et la constitution d’une équipe interdisciplinaire devrait faire partie intégrante du plan de traitement [1, 7]. Le rôle du médecin consiste à évaluer la santé physique du patient (en effectuant par exemple un examen physique et des tests de laboratoire) afin de suivre son évolution [1, 5]. Il porte une attention particulière aux signes vitaux, au cœur (pour éviter des complications cardiovasculaires) ainsi qu’à des symptômes physiques tels qu’une sensibilité au froid, des manifestations cutanées et certains problèmes dentaires ou encore à des complications telles que l’anémie ou l’ostéoporose [5].

 

Le rôle du nutritionniste

Selon la position de l’American Dietetic Association [4], le nutritionniste représente un membre essentiel dans l’équipe de traitement du patient-TACA et possède des compétences uniques pour traiter les comportements liés à l’alimentation et collaborer à la surveillance médicale [3, 6]. En effet, le nutritionniste est impliqué autant dans l’évaluation que dans le traitement de ces patients. Ce professionnel de la santé est en mesure 1-d’évaluer l’alimentation du patient et d’identifier des carences ou des excès spécifiques, 2-de l’accompagner à développer une relation saine avec la nourriture et de démystifier ses idées fausses liées à la nutrition, 3-de développer un plan alimentaire équilibré et varié afin de l’aider à atteindre et maintenir un poids sain, 4-de suivre l’évolution de son alimentation via des journaux alimentaires et 5-de l’encourager à poursuivre ses progrès [1, 3].

En présence d’un trouble sous-clinique, comme un autre trouble spécifié de l’alimentation et des conduites alimentaires (ATSACA), le médecin devrait référer le patient au nutritionniste lorsque celui-ci entreprend un changement drastique dans son alimentation (par exemple s’il adopte soudainement une alimentation végétarienne) ou lorsqu’il adopte des choix alimentaires considérés comme malsains, inhabituels ou monotones [1].

Le rôle du psychologue

Le rôle du psychologue est d’assurer le suivi psychologique du patient, en mettant en place par exemple une thérapie cognitivo-comportementale [5]. La thérapie a pour but 1-d’aider le patient à comprendre et collaborer au traitement, 2-de l’aider à comprendre et à modifier ses comportements et ses attitudes dysfonctionnelles en lien avec le TACA, 3-d’améliorer son fonctionnement interpersonnel et social et 4-de traiter la psychopathologie comorbide qui renforce ou amène le patient à maintenir ses comportements alimentaires troubles [5].

 

Références

  1. Kreipe, R.E. and S.A. Birndorf, Eating disorders in adolescents and young adults. Medical Clinics of North America, 2000. 84(4): p. 1027-1049.
  2. Mitchell, S.L., J. Klein, and A. Maduramente, Assessing the impact of an eating disorders treatment team approach with college students. Eating disorders, 2015. 23(1): p. 45-59.
  3. Davison KM, N.E., Chandrasekera U, Sengmueller E for Dietitians of Canada, Nutrition and Mental Health: Therapeutic Approaches. J Dietitians of Canada, 2012: p. 1-63.
  4. Ozier, A.D. and B.W. Henry, Position of the American Dietetic Association: nutrition intervention in the treatment of eating disorders. Journal of the American Dietetic Association, 2011. 111(8): p. 1236-1241.
  5. American Psychiatric Association (APA), Practice guideline for the treatment of patients with eating disorders. Third ed. 2006: Washington (DC): American Psychiatric Association.
  6. DeJesse, L.D. and D.C. Zelman, Promoting optimal collaboration between mental health providers and nutritionists in the treatment of eating disorders. Eating disorders, 2013. 21(3): p. 185-205.
  7. Rosen, D.S., Identification and management of eating disorders in children and adolescents. Pediatrics, 2010. 126(6): p. 1240-1253.

Dernière mise à jour : 24 mars 2016 à 11h23

Type de professionnels :
Infirmières Kinésiologues Médecins Nutritionnistes Psychologues Travailleurs sociaux
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