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Analyse des ressources montréalaises


Le ROHIM (Regroupement des organismes pour hommes de l’île de Montréal) a publié en novembre 2013 un rapport sur les besoins psychosociaux des hommes de la région de Montréal et les services qui leur sont offerts. En tant qu’intervenant, il est capital de connaître la situation actuelle ainsi que les points à améliorer afin de fournir aux hommes des services réellement adaptés à leurs besoins. Voici un résumé de ce rapport.

Ce que vous devez retenir:

• Moins de la moitié des CSSS réalisent des efforts concrets pour mieux rejoindre les hommes, bien qu’ils soient d’avis qu’une meilleure formation de leurs intervenants à cet égard est importante.

• Les intervenants des organismes communautaires soulignent l’importance d’avoir une approche concrète et directe avec les hommes, mais manquent généralement de financement pour offrir un service de qualité et adapté aux hommes.

• Les hommes rencontrent encore plusieurs obstacles à la demande d’aide et soulignent plusieurs besoins non répondus, dont le manque de formation des intervenants.

• Parmi les nombreuses recommandations tirées de cette étude, notons la création d’un répertoire regroupant les différents organismes qui offrent des services pour les hommes ainsi que sa diffusion dans le réseau.

Méthodologie

Cette étude visait tout d’abord à rejoindre les prestataires de services dans le but d’évaluer les services offerts aux hommes. Dix des 12 CSSS de la région de Montréal ont participé à l’étude, ainsi que 89 organismes communautaires (sur un total de 130 contactés). Parmi ces organismes, 35 se consacrent uniquement à l’intervention auprès des hommes, alors que 54 offrent des services mixtes. Finalement, afin de sonder les hommes usagers de ces services, 6 groupes de discussions ont été organisés, regroupant un total de 68 hommes.

 

La réalité des CSSS

Dans les CSSS de l’île de Montréal, 85% des intervenants psychosociaux sont des femmes. Aucun professionnel n’est spécifiquement attribué à l’intervention auprès des hommes. On constate que seuls 4 CSSS sur 10 rapportent faire des efforts particuliers pour rejoindre les hommes. Par contre, la pertinence de former le personnel aux besoins spécifiques des hommes fait presque l’unanimité au sein des CSSS (9/10).

Parmi les priorités soulevées par les intervenants interrogés en CSSS, on note:

  • Une meilleure connaissance des ressources pour hommes
  • L’optimisation de la collaboration avec les autres ressources
  • Une connaissance approfondie des besoins des hommes

 

La réalité des organismes communautaires

Du côté communautaire, on observe un peu plus d’intervenants masculins, particulièrement chez les organismes consacrés aux hommes où ils représentent 77% du personnel. Cependant, ils demeurent en minorité dans les organismes mixtes (25%). Le tiers des organismes participants ont rapporté avoir offert à leur personnel une formation sur l’intervention auprès des hommes. Néanmoins, seul 12% des intervenants ont suivi une telle formation.

Parmi les différences notées dans l’intervention lorsqu’il s’agit des hommes, les intervenants interrogés ont souligné l’importance de trouver des solutions concrètes et directes. Les pistes d’amélioration les plus souvent mentionnées sont entre autres :

  • Un meilleur financement des organisations, ce qui permettrait notamment une visibilité accrue et favoriserait le recrutement de personnel tout en assurant leur formation
  • Un partenariat amélioré avec les services publics et les autres organismes communautaires

 

Le point de vue des utilisateurs de services

De façon générale, les hommes apprécient le fait de se sentir utiles. Il est important de les engager activement dans le processus d’intervention, comme il est également suggéré de les mettre à contribution d’une quelconque façon dans l’organisme en question. Toutefois, avant même d’avoir recours aux services, les hommes peuvent rencontrer divers obstacles à la demande d’aide. Les plus souvent répertoriés sont les suivants :

  • La méconnaissance des ressources disponibles
  • L’accessibilité limitée aux services
  • Un accès particulièrement difficile aux CLSC pour les hommes
  • La longueur des listes d’attente

Lorsque les hommes arrivent à obtenir du soutien, celui-ci est souvent inadapté à leur réalité. Parmi les besoins non répondus, on note :

  • Le besoin de parler de leur situation et d’être écouté
  • Le manque de crédibilité aux yeux des intervenants
  • Le manque de formation du personnel face aux réalités masculines
  • Le nombre restreint d’intervenants masculins

 

Recommandations globales

De toutes ces données ressortent des recommandations qui ont été divisées en 4 thèmes :

1)   Organisation des services

On suggère d’inclure davantage les hommes dans les plans d’actions gouvernementaux, notamment en leur réservant une enveloppe budgétaire régionale. De plus, on propose de nommer un intervenant responsable de l’intervention auprès des hommes dans chaque CSSS. Ce dernier veillerait à la sensibilisation de ses collègues à ce sujet ainsi qu’à leur formation. Un point important est également d’assurer un grand accès aux services ainsi qu’une collaboration plus efficace entre les différents services offerts aux hommes. Finalement, on suggère de financer de la recherche portant sur le genre, le sexe et la santé afin de recueillir plus d’informations à ce sujet et ainsi développer des formations basées sur des données probantes.

 

2)   Adaptation des pratiques

Une réévaluation des services et de leur conformité à répondre adéquatement aux besoins des hommes est nécessaire. Aussi, un plus grand nombre d’intervenants devraient suivre une formation axée sur l’intervention auprès des hommes. Finalement, une meilleure concertation entre le réseau de la santé et les organismes communautaires est primordiale pour assurer un suivi adéquat chez les hommes qui ont besoin de soutien.

 

3)   Développement des connaissances

En termes de recherche, on suggère d’utiliser une approche différenciée selon le sexe et de compiler des données qui reflètent aussi bien les réalités des hommes que des femmes. De plus, on propose de mettre en place un répertoire réunissant les différents organismes qui offrent des services aux hommes et d’en faire la diffusion.

 

4)   Promotion/Prévention

On suggère de promouvoir la santé et le bien-être des hommes, notamment à l’aide d’actions de sensibilisation et de la diffusion du répertoire des organismes et services disponibles pour les hommes.

 

Depuis la publication de ce rapport, le ROHIM travaille activement à la mise en place d’un tel répertoire. D’ailleurs, ProfIL est maintenant un membre associé de cette organisation afin d’informer les intervenants de l’existence de son site Web qui a pour but de renseigner les professionnels de la santé sur la problématique des troubles de l’alimentation et de l’image corporelle au masculin.

 

Références 

Lajeunesse, S.L., et al., Les hommes de la région de Montréal : Analyse de l’adéquation entre leurs besoins psychosociaux et les services qui leur sont offerts. 2013, ROHIM: Montréal. p. 73.

Dernière mise à jour : 19 février 2016 à 13h38

Type de professionnels :
Infirmières Kinésiologues Médecins Nutritionnistes Psychologues Travailleurs sociaux
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